
(…) D’autre part – nous dit ALCIBIADE – son aspect étrange ne vous y arrêtez pas si, εἰρωνευόμενος [eirôneuomenos] il fait le naïf, il interroge, il fait l’âne pour avoir du son, il se conduit vraiment comme un enfant, il passe son temps à dire des badinages.
Mais Σπουδάσαντος δὲ αὐτοῦ [spouda santos de autou] – non pas, comme on traduit « quand il se met à être sérieux » mais c’est : – soyez sérieux, faites-y bien attention, ouvrez-le, le silène, ἀνοιχθέντος [anoichthentos] entr’ouvert, je ne sais pas si quelqu’un a jamais vu les agalmata qui sont à l’intérieur, les joyaux.(…)
(…) «…personne n’a jamais vu ce dont il s’agit, comme il m’est arrivé de voir, et je l’ai vu ! Je les ai trouvés, ces ἄγαλματα [agalmata] à tel point déjà divins, χρυσᾶ [chrusa] [217a] – c’est chou, c’est « en or » – totalement beaux, si extraordinaires, faramineux, qu’il n’y avait plus qu’une chose à faire, ἔμβραχυ [embrakhi], dans le plus bref délai, par les voies les plus courtes, faire tout ce que pouvait ordonner SOCRATE. » (…)
(…) Vous ne pouvez pas – tout de même ! – ne pas retrouver quelque chose de la magie que je vous ai déjà pointée autour du « Che vuoi ? », « Que veux-tu ? ».
C’est bien cette clé, ce tranchant essentiel de la topologie du sujet qui commence à : Qu’est-ce que tu veux ? ».
En d’autres termes : « Y a-t-il un désir qui soit vraiment ta volonté ? » (…)
Jacques Lacan, séminaire « Le transfert », leçon du 01 février 1961